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  • La situation des vins australiens

    29 janvier 2021Par Richard Krystkowiak

    Enquête sur la situation actuelle à travers des interviews de 3 importateurs, 7 médias et 1 distributeur.

    La situation reste incertaine pour les parties prenantes du monde vitivinicole, mais tous les acteurs restent attentifs aux éventuels changements, envisageant un impact important.

     

    Nous sommes actuellement dans une phase d’incertitudes. Selon les entreprises, certaines se sentent concernées mais d’autres expliquent que cela n’a pas encore d’influence sur les habitudes de consommation. « Faute d’informations précises, les consommateurs ne seront pas forcément impactés », « cela a une influence minime sur les consommateurs qui n’ont pas de connaissances sur l’industrie vitivinicole ». Les médias ont suivi de très près la situation et en interviewant des acteurs viticoles australiens afin d’identifier l’impact direct de cette situation et de comprendre comment ils arrivent à y faire face. D’après l’un des médias interrogés, « les producteurs de vin australiens, et plus particulièrement certains grands groupes, font très attention à leurs paroles et à leurs actes, observant et s’exprimant donc plus prudemment », ils sont également dans une période de doutes.

     

    Les réseaux sociaux ont été les premiers témoins de l’impact de cette situation ; « il n’y a clairement plus la même passion et le même enthousiasme qu’avant pour les vins australiens ». Un média a aussi souligné une baisse des promotions concernant les vins australiens, après avoir suivi de manière régulière et précise l’actualité et l’évolution de la situation. Les campagnes de promotion des vins australiens sont à l’heure actuelle inexistantes ou suspendues, d’après l’un des médias interviewés. Face à cette situation délicate et incertaine, les marques  de vins australiens ont réduit leurs budgets promotionnels. « En parallèle, les rapports sur les vins chinois sont plus visibles. L’Autorité des Vins Chiliens intensifie également ses efforts pour promouvoir ses vins. D’autres régions, comme l’Italie, la Géorgie, la France, etc… sont également de plus en plus confiantes quant au développement de leurs vins sur le marché chinois ».

     

    Concernant l’impact sur le long terme, les importateurs attendent de finir leurs stocks pour ensuite voir comment la situation évolue. Il est presque impossible pour ceux-ci de prédire leur position face aux futurs évènements :

    • Ruby Red : « Nous recommandons de ne pas augmenter les prix des vins australiens et nous espérons que la politique changera le plus rapidement possible et prendra une meilleure direction. Si ce n’est pas le cas, nous avons le choix d’utiliser des vins d’autres pays ».
    • com : « Lorsque nous aurons vendu tous les stocks, nous ne stockerons plus de vin Australien. En ce qui me concerne, il n’y aura pas de baisses des prix mais des ventes groupées. Le coût augmente désormais de 260 %, nous continuons donc à importer uniquement des vins de marques réputées, pour la bonne continuité de notre entreprise. »
    • 名庄靓年 Ming Zhuang Liang Nian (distributeur): “Concernant les 4 marques de vins que nous importons, la provision de celles-ci est actuellement stockée et aucune augmentation de prix n’a eu lieu, en revanche nous n’utilisons plus les vins australiens comme moyen de promouvoir ou d’engendrer du trafic en ligne”.

     

    D’après eux, l’impact futur concernera principalement les vins australiens d’entrées et de milieux de gamme. « J’ai le présentiment que les vins d’Australie d’entrées et de milieux de gammes seront les plus affectés, car les consommateurs sont regardant quand il s’agit de prix » explique l’un des médias, et « ces consommateurs vont de plus en plus se tourner vers des alternatives moins chères et similaires aux vins australiens. Ils vont se tourner vers d’autres vins venant d’ailleurs si les mesures compensatoires et anti-dumping affectent trop le prix d’importation et excèdent leurs budgets. » En termes de canaux, les plus affectés seront « les achats en gros volumes et les activités de restauration » (Ruby Red), « ceux qui font le commerce de gros dans les villes de troisième, quatrième et cinquième rang peuvent être touchés  » (BEIJING ERSHANG JOINTEK FINE WINES, LTD) et « les distributeurs seront les plus affectés. Lorsqu’ils auront vendu en début d’année tous leurs stocks, ils se tourneront vers des vins d’autres pays. » (WAJIU.COM).

     

    Le Chili semble être l’alternative évidente des vins australiens qui seront impactés (vins d’entrée de gamme à milieu de gamme), en termes de goût et de prix, le vin chilien est le plus proche des vins australiens. Mais plus généralement, tous nos interviewés s’accordent à dire que ce sont les vins du nouveau monde qui seront les plus aptes à remplacer facilement les vins australiens (Chine, Chili, Argentine, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande etc.). Un média a également souligné un point important sur l’évolution du vin chinois prometteur qui devient de plus en plus important chez les consommateurs chinois : « Et pour la Chine, nous sommes juste à nos portes, sans droits de douane, sans frais de transport internationaux, et du fait de l’intérêt grandissant des jeunes générations pour les produits nationaux, les vins chinois en bénéficient. » Les vins de l’Ancien Monde (France, Italie, Espagne, etc.) peuvent aussi en profiter s’ils s’adaptent et jouent leurs cartes au bon moment. Mais pour cela, ils doivent investir et soutenir le marché local pour assurer leur visibilité afin de les élever et les positionner comme une véritable alternative aux vins australiens, ce qui est dans leurs cordes. « Les gens semblent penser que la France et l’Italie en profiteront le plus, peut-être parce qu’ils ont une structure de prix plus proche de l’Australie. J’imagine que les distributeurs devront rester cohérents avec leur offre en termes de prix mais aussi en termes de style de vin. L’Argentine a obtenu de superbes Syrah et Cabernet qui pourraient prendre le relais, et la vallée du Rhône a évidemment un incroyable Syrah par exemple » a commenté un distributeur local.