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  • Food + Digital : la révolution des nouveaux usages

    12 septembre 2018Interview

    La tendance au healthy food est plus que jamais d’actualité. Le consommateur en quête de produits de qualité à prix abordable s’engage, consomme et s’exprime en fonction de ses valeurs. Les pratiques de consommation évoluent, et les canaux digitaux y sont pour beaucoup. Lors d’une interview réalisée pour DigiMind, Thomas Fournier, Directeur Digital Groupe revient sur comment le digital est parvenu à lier tous les touchpoints de l’écosystème des consommateurs : de la présence à l’esprit jusqu’à l’advocacy en passant par l’expérience client.  Extrait de l’interview.

     

    Quels sont les apports du digital dans les pratiques de consommation ?

    Il y en a tellement ! Il existe maintenant des applications qui couvrent de très nombreux besoins dans le secteur alimentaire. On peut citer l’assistance, la prévention (applis pour scanner ses produits, suivre un régime, éviter des allergènes…) la comparaison, le partage d’expérience, l’achat…

     

    Pouvez-vous donner des exemples ?

    Pour la connaissance des produits que l’on achète, on peut citer l’application Yuka  qui permet de scanner les produits afin de savoir si d’un point de vue nutritif, ils sont bons pour soi. Ils sont ainsi positionnés sur une échelle de “médiocre” à “bon” pour sa nutrition  : cela aide tout simplement à manger un peu mieux, en tout cas de freiner les mauvaises habitudes.

     

     

    Pour l’organisation, j’ai récemment découvert l’appli JOW qui permet de planifier les repas. Le créateur est un papa qui s’est rendu compte avec l’arrivée de ses enfants, que les dîners improvisés avec sa femme, c’était fini, et qu’il fallait  prévoir désormais des menus à l’avance. L’appli permet de consulter des recettes, de les sélectionner pour qu’enfin l’app se charge de “commander” automatiquement les ingrédients nécessaires chez Monoprix qui vous les livre ensuite. Un gain de temps réel. A tester !

     

     

    Il existe aussi des applications dédiées au suivi de régimes, au suivi des allergies et des intolérances. Elles vous alertent par exemple sur la présence de gluten, ou d’un niveau de sel trop élevé par rapport à votre régime, ou de sucre trop important par rapport à votre diabète.

    Il ne faut pas oublier également toutes les applications qui permettent d’enrichir l’expérience inStore ou online, de faire le lien entre le virtuel et le réel permettant ainsi de  scanner une affiche interactive d’un produit pour se le faire livrer, ou à l’inverse, d’acheter un produit et de bénéficier de conseils de la communauté online via une appli .

    Côté partage d’expérience, on peut mentionner l’application YouMiam, qui permet de partager des playlists de recettes : la communauté peut s’y abonner, tester les plats et les modifier éventuellement.

     

     

    Désormais, il n’existe quasiment plus de sites web dédiés à la cuisine où l’internaute ne puisse pas apporter sa touche personnelle en modifiant et améliorant les recettes. On ne suit plus une recette comme auparavant, à l‘instar d’un cours à l’école. L’intolérant au gluten va modifier la recette pour son profil, le fan de menthe va l’adapter pour satisfaire ses goûts. Ces pratiques enrichissent constamment l’expérience de l’internaute. 

    C’est d’ailleurs l’orientation prise par Pinterest. En remplacement du bouton de Pinterest qui permettait de “liker” les publications, le bouton “J’ai testé” permet de poster sa photo avec son “interprétation” de la recette, cela donne ainsi une 2ème vie au contenu.

    Marmiton.org propose également une fonctionnalité similaire, permettant à chaque internaute d’ajouter « son grain de sel »

     

    Existe-t-il des pratiques notables sur les médias sociaux ?

    La pratique du Haul YouTube, initialement créé pour le déballage de produits high tech ou de produits de beauté en live, s’adapte désormais à l’univers alimentaire. L’internaute se rend au marché puis se filme au retour en train de déballer ses sacs de courses.  Étonnamment, cela fonctionne bien.

    Le « Mok-Bang », une autre tendance vidéo qui vient directement de Corée est également à noter. Cette pratique consiste à se filmer en train de manger, généralement de grandes quantités, le plus souvent en temps réel. Le Mok-bang est souvent pratiqué par de jeunes femmes qui vont manger devant leur caméra, et gagner leur vie de cette manière car les spectateurs peuvent donner de l’argent pendant la diffusion. Certaines gagnent ainsi 500 dollars par jour !

     

    Enfin, j’évoquerais le Food Porn, une pratique, élitiste au départ, mais qui a su se démocratiser. Le foodporn n’est pas qu’une tendance passagère, c’est un mouvement de fond. Tout le monde a désormais la possibilité de photographier son plat chez soi, au restaurant… pour le partager. Les réseaux sociaux sont devenus « la plus grande table du monde ». Une tendance qui reste cependant clivante. Certains restaurateurs vont l’interdire, invoquant par exemple le droit d’auteur et la non reproduction de leur œuvre culinaire sur internet, d’autres au contraire vont encourager cette pratique, avec la création de plats “instagrammables”.  Il existe  donc un vrai débat sur ce sujet !